8 novembre 2024 -Lettre ouverte à mes Sissys d’amour et à toutes celles qui sourient grand, à toutes celles qui n’osent pas…
Chapitre 6 – Tans’action,
Naturellement, Albin prépare très doucement la naissance d’Albina.
L’hétéro passif est souvent attiré par la féminisation. Présent de vérité générale en matière de sexualité…
Ce genre de mec érige souvent la femme en absolu esthétique, que, faute de la nommer sa Reine, il appelle sa Perle. Mais nous sortons de ce chemin-là, je me refuse à être extraite d’une coquille iodée. Je ne souffre que l’or et les tissus nobles !
L’hétéro docile est fasciné par la féminité, c’est une évidence. La femme naturellement belle est meilleure, formidable et parfaite. Alors il ressent et en désire sa perfectibilité. Il veut des collants, des dentelles, des talons, fond de teint et rouge Saint-Florent. Son costard devient armure gainante et il rêve de sensualité.
Brisons-là ces propos généralistes et barbants.
Albin fait son entrée sur la scène érotique du cross dressing. On se rapproche des cérémonies de femme, dirait Madame Robbe-Grillet.
J’ai organisé une première rencontre avec Carl, Carole qui avait bien avancé dans le chemin de sa féminité. J’ai eu l’idée d’une rencontre en distanciel. Je prends d’infinies précautions et j’y vais crescendo. Je prépare Albin, j’en prends soin. Je devine ses désirs, j’observe son évolution et je guide doucement, vers le bonheur que mon obligé espère.
Il a observé au préalable une photographie de Carl – photo de contact en costard italien sobre et col blanc. Il a vu sa grande taille, sa musculature et sa mâchoire carrée. Je lui ai récité un teasing rapide et efficace des chemins de traverse qu’il a empruntés.
« Carl ferme une porte que la bienséance désigne, Carole en ouvre une nouvelle que la bien-pensance cadenasse. Il s’incarne peu à peu, actrice, dans une personnalité différente, sur la voie de son identité, en reconversion épanouie. Sa parole courageuse, le récit de sa vie et son questionnement à quarante ans te plairont. Il a fallu presqu’un demi-siècle à la jolie quarantenaire pour admettre qu’elle voulait oublier son prénom de naissance, à temps partiel. Ses amies femmes ont été progressivement conviées à ses confidences, j’en suis une, privilégiée. Son vestiaire s’est orné pour cligner de l’œil au travestissement et à des séances de maquillage sur de curieuses danses amazoniennes ou orientales. Des années à traverser en silence une envie qui gronde et l’éclosion, la révélation. »
La toute première rencontre de Carole pour Albin a lieu, à distance, donc, je l’ai déjà dit.
Suite d’un roman dédié à mes conteurs, dédié à celles que j’admire pour leur beauté vraie, pure, libre ‘ :
